La pandémie de COVID-19 a provoqué des bouleversements qui se feront sentir longtemps. Grands pans de l’économie paralysés, ralentissement marqué des échanges économiques, pertes d’emplois massives… Les organisations et les entreprises avaient réorganisé leurs modes de fonctionnement pour répondre aux impératifs de l’urgence sanitaire. Elles sont maintenant en mode relance post-pandémie. Le grand défi est de ne pas sacrifier dans l’urgence les décennies d’acquis en matière d’équité entre les genres et d’égalité femme-homme dans le monde du travail.

Selon les données récoltées par l’Organisation internationale du travail (OIT), 8,8 % des heures de travail ont été perdues dans le monde en 2020 par rapport au quatrième trimestre 2019, ce qui équivaut à 255 millions d’emplois à temps plein. Cela représente un nombre quatre fois plus élevé que celui des heures perdues pendant la crise financière mondiale de 2009. En mai 2020, le taux de chômage des femmes dans les pays de l’OCDE atteignait 9,08 % contre 7,99 % chez les hommes. L’écart était moindre dans la zone euro, soit 7,8 % pour les femmes contre 7,3 % pour les hommes.

Pour s’ajuster rapidement, les organisations et entreprises ont largement eu recours au télétravail et aux technologies. Mais cette virtualisation à outrance et la décentralisation des espaces de travail a eu un impact humain certain. En effet, la plupart des pays développés font état d’une augmentation marquée des problèmes de santé mentale et d’épuisement professionnel. Et les statistiques démontrent que ce sont les femmes qui ont été les plus affectées.

Les femmes davantage impactées

Pour les femmes, c’est principalement l’équilibre entre vie professionnelle et la vie privée qui a été bouleversé. Les femmes portent davantage la « charge mentale » reliée à la conciliation travail-famille. Dans ce contexte de crise, nombreuses sont celles qui remettent en question leur ambition professionnelle actuelle et à long terme.

En France comme au Canada, les femmes ont été davantage exposées au virus tout voyant leur charge de travail exploser. Elles représentent plus des deux tiers des salariés dans des secteurs de services essentiels comme la santé.

Pour les femmes en entreprise, c’est la réalité du télétravail qui s’est imposée ; combinée avec la présence à la maison d’enfants et adolescents, privée d’écoles, de garderies et d’activités parascolaires. Les difficultés que représente par ailleurs le partage à plein temps des espaces domestiques avec les enfants et le conjoint, souvent lui aussi en télétravail, ont exacerbé chez beaucoup de couples des tensions liées au partage des tâches et des responsabilités.

Certaines entreprises, comme Google-Alphabet, songent à rendre le télétravail permanent pour une partie de ses salariés. L’espace de travail professionnel dédié devient un enjeu qu’il faut désormais prendre en compte pour évaluer l’équité entre les genres. En effet, des sondages réalisés en France et aux États-Unis ont révélé que les hommes avaient plus souvent accès à une pièce fermée lorsqu’ils travaillent à domicile. Les femmes sont, elles, souvent obligées de travailler sur la table du salon ou sur un ilot de la cuisine  !

Préserver l’ambition professionnelle des femmes

Ce retour forcé à la maison n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les femmes avec des plans de carrière. Lors d’une Webconférence organisée par L’effet A intitulée « Du doute au courage : Comment gérer sa carrière en ces temps incertains », Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France et cofondatrice de L’effet A, et Sophie Brochu, présidente et chef de la direction d’Hydro-Québec, ont exhorté les dirigeants d’entreprises et d’organisations à être à l’affût et agiles sur la question de la représentativité féminine.

« Par bienveillance, les organisations ont mis en place des moyens d’aider les femmes. D’aider les femmes à distance. […] Mais la présence des femmes sur les lieux de décisions est fondamentale. Les femmes devront remettre les pieds là où le pouvoir s’exerce »

Sophie Brochu, présidente et chef de la direction d’Hydro-Québec.

Plusieurs études confirment que la progression professionnelle des femmes continue à être ralentie. Et, qu’ils soient politiciens ou PDG d’entreprises, nombreux sont les hommes y contribuent encore (souvent inconsciemment). Par exemple, en ne fixant pas d’objectifs clairs quant à la représentation des femmes dans des postes de direction. Parmi les autres biais identifiés dans ces études : des processus de recrutement qui insistent encore trop sur des qualités dites masculines, l’influence du « boys club » qui pousse les hommes de pouvoir à réseauter avec ses semblables et le peu d’intérêt à reconnaitre les réalités particulières de la conciliation travail-famille qui concerne davantage les femmes.

L’intelligence artificielle pour réduire les inégalités

En février 2021, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a déclaré que la reprise post-pandémie est l’occasion pour les gouvernements et la communauté internationale d’utiliser les technologies nouvelles et émergentes en vue d’améliorer l’équité entre les genres.

Dans un contexte de relance économique, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle (IA) dans l’automatisation des processus d’entreprise permet par exemple d’accélérer le traitement de documents et de données, de rendre plus flexibles et modulables le partage des espaces de travail, la gestion des horaires et des conditions de travail, et de planifier la dotation des ressources et des promotions de façon plus équitables.

Malika Ai offre, en partenariat avec Alixio et l’Effet A, un accompagnement et des solutions innovantes sur les enjeux de diversité et d’inclusion, notamment sur les problématiques d’équité entre les genres. N’hésitez pas à nous contacter pour découvrir comment nous pouvons vous aider à renforcer votre démarche Diversité.

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